Combien d’offices la France compte-t-elle ? Combien d’actes sont délivrés chaque année, et par qui ? Derrière une profession que l’on croise surtout au moment d’un impayé ou d’un litige, il y a un maillage territorial dense et une activité quotidienne considérable. Voici les repères.
2 208
offices en France au 1er janvier 2026
8,4 M
d’actes réalisés en 2024
61 %
de femmes chez les moins de 30 ans
49,4 ans
d’âge moyen dans la profession
Un maillage territorial dense
Au 1er janvier 2026, la France compte 2 208 offices de commissaires de justice. Cette implantation n’est pas concentrée sur les grandes métropoles : elle couvre aussi les zones rurales et les villes moyennes, là où l’accès au droit est souvent le plus difficile.
C’est une conséquence directe du statut. Le commissaire de justice est un officier public et ministériel nommé par l’État : il ne choisit pas librement son implantation, il occupe une charge dans un ressort déterminé. Le résultat est un service de proximité réellement accessible, y compris quand la partie adverse habite un village de trois cents habitants.
Une profession qui se renouvelle
L’âge moyen des professionnels est de 49,4 ans : la profession reste expérimentée. Mais elle change de visage. Chez les moins de 30 ans, 61 % des commissaires de justice sont des femmes. La féminisation, engagée depuis une quinzaine d’années, s’accélère nettement dans les nouvelles générations.
Ce renouvellement accompagne une transformation du métier lui-même. La fusion des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires, effective depuis le 1er juillet 2022, a élargi le champ de compétence. Les constats numériques, l’inventaire, les ventes judiciaires et le conseil aux entreprises pèsent aujourd’hui bien plus qu’il y a dix ans.
Une activité quotidienne considérable
Près de 8,4 millions d’actes ont été réalisés en 2024, soit environ 3 000 actes par professionnel. Ce volume recouvre des missions très différentes :
- la signification des actes de procédure — assignations, jugements, congés — qui donne à un acte sa date certaine et déclenche les délais de recours ;
- les constats, qui figent une situation de fait avant qu’elle ne disparaisse : chantier, dégâts des eaux, trouble de voisinage, contenu d’un site internet ;
- le recouvrement de créances, amiable puis judiciaire, pour les entreprises confrontées à des factures impayées ;
- l’exécution des décisions de justice, seule voie pour qu’un jugement gagné produise un effet concret.
Derrière les chiffres, une mission
Un chiffre ne dit jamais tout. Ces 8,4 millions d’actes correspondent, un par un, à une entreprise qui attend un règlement, à un bailleur qui ne perçoit plus son loyer, à une décision de justice qui doit enfin s’appliquer. Le rôle du commissaire de justice est d’apporter à chacune de ces situations une réponse juridiquement sûre et effective.
C’est aussi la raison d’être de la déontologie exigeante qui encadre la profession : formation juridique de haut niveau, prestation de serment, obligations strictes d’impartialité et de discipline. La confiance n’est pas un supplément, c’est la condition d’exercice.
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